• Procession de Petit-Enghien

     

    L'église Saint-Sauveur de Petit-Enghien

     

    Procession de Petit-EnghienSituée à l’extrémité de la longue place du village, l'église se distingue par sa tour massive (XIe s) surmontée d’une horloge.

    Dédiée au Christ Sauveur, elle fut édifiée vers l’an 1100 à partir de pierres tirées du sol du village. Le premier août 1674, lors d’un orage exceptionnel, la flèche de l’église tomba et brisa toute la charpente.

    Un siècle plus tard, sur l’initiative de l’abbaye de Saint-Denis-en-Brocqueroie, les nefs et le chœur de l’église furent rebâtis sur les vieilles fondations.

    A l’intérieur fraîchement repeint, les colonnes toscanes dessinent 3 nefs. On remarque dans le chœur au décor de lambris une grande toile retraçant la descente de croix et une chaire de vérité de style Louis XV reproduisant les quatre évangélistes avec leurs attributs respectifs.

    Son clocher contient trois cloches dont la plus grosse est dédiée au Saint Sauveur. Elle fut baptisée  Charles-Valentine, pèse 880 kg et sonne le fa.

    A noter que dans la campagne environnante, les potales sont très nombreuses. On en a dénombré une vingtaine sur le territoire de Petit-Enghien.

     

    La procession du Saint Sauveur

    « De l'art de la procession... »

     
    Procession de Petit-Enghien« Lundi de Pentecôte, procession du "Saint Sauveur" à Petit-Enghien, l'une des douze paroisses dont je suis le curé. Après la messe de 9h30, nous nous sommes mis en route derrière les cavaliers qui ouvraient la marche, les groupes qui représentaient des scènes évangéliques, les porteurs de statues, les jeunes qui viennent de faire profession de foi, et enfin les porteurs de flambeaux encadrant le "dais" sous lequel, par alternance, mon vicaire Honoré et moi-même avons porté le Saint Sacrement. Longue procession de plus de deux heures, sous le beau soleil printanier. Beaucoup de monde dans les campagnes, des curieux mais surtout des "pieux", qui avaient décoré leur maison et s'agenouillaient au passage du Seigneur. Une piété, en effet, simple mais sincère. Beaucoup de ces personnes ne viennent guère à l'église, mais ce matin l'église sortait vers eux et après tout c'est bien le moins. Les gens sont attachés à ces manifestations, et je les comprends. Je sais que certains parlent de "folklorisation" du religieux. Et après? Si le cœur de quelques-uns est touché, alors tout va bien, et nous n'aurons pas processionné en vain. Honoré, mon vicaire Africain, était impressionné : "On ne voit pas ça comme ça chez nous, ces maisons décorées", me disait-il... Il est vrai que notre vieux continent a encore de la mémoire chrétienne, et je me souviens d'un mot de Marie Noël dans ses magnifiques Notes Intimes, qui se demande ce qui resterait aux gens pour fêter, vraiment fêter leur vie, si on leur ôtait ces fêtes religieuses, déjà qualifiées, à son époque, de "folkloriques". Elle répond : "Des discours de ministres, et des chevaux de bois!" Tu parles d'une fête! Ce que nous proposons dans nos campagnes n'est peut-être pas parfait, mais au moins on y touche à du sacré, à de la sacralité, à du sacrement. Et les gens, les petites gens, ne s'y trompent pas. Ils sont souvent nos vrais juges...»

     

    Sources :

    Eglises ouvertes

    Extrait de Rendez-vous avec Benoît Lobet - De l'art de la procession... - 24 mai 2014