• Marie-José Devroede, une Enghiennoise hors du commun

     

    Vidéo diffusée sur brusselnieuws.be (tv brussel) le 6 janvier 2015

     

     
    Notre concitoyenne, Marie-José Devroede, née le 13 mai 1925, demeurant à Petit-Enghien, est internationalement connue en sa qualité de stoppeuse, métier en voie de disparition, et vraisemblablement la dernière en Belgique. Ce 13 mai, elle fête ses 90 ans !

     

    Marie-José Devroede, une Enghiennoise hors du commun

    En compagnie d'Olivier Saint-Amand, bourgmestre d'Enghien,
    le 13 mai 2015, à ses 90 ans.

     
    Elle exerce ce métier de haute précision depuis 75 ans, et depuis plus de 40 ans dans son magasin au n° 15 rue Haute à Bruxelles, après plusieurs années à la rue des Minimes.
     
    Trajet Enghien-Bruxelles et retour, en voiture avec son fils Christian, hélas décédé, et actuellement en train.
     
    Le stoppage est une opération de tissage sophistiqué consistant à reconstituer le tissu, le plus souvent d'habillement, parfois d'ameublement, ayant subi un accident : trou de mite, accroc, brûlure, coup de lame ou de ciseau intempestif, etc. Selon le type d'atteinte, la chaîne et la trame du tissu peuvent être affectées. Le stoppage reconstitue aussi bien la chaîne que la trame du tissu à l'aide d'une longue aiguille dite aiguille à stopper ou à rentrayer. Pour ce faire, la stoppeuse récupère la gamme des fils de trame dans les ourlets et celle des fils de chaîne dans les surplus des coutures longitudinales. Elle reconstitue chaîne et trame en respectant l'armure et le résultat de son travail après repassage est invisible sur l'endroit du travail. En revanche, sur l'envers, la place restaurée est marquée par le long dépassement des fils de travail. Ce dépassement est nécessaire car le travail ne comprend aucun point d'arrêt qui déformerait le tissu, contrairement au travail de reprisage.
     
    Il s’agit d’un travail fastidieux nécessitant des yeux de lynx et des doigts de fée pour arriver à opérer de petits miracles pour redonner au tissu son éclat d'antan.
     
    Marie-José, malgré l’approche de ses 90 ans, ne lâche pas prise et affirme qu’elle continuera ce métier tant qu’elle pourra. « C’est ma passion. Si je n’aimais pas de le faire, j’aurais déjà arrêté depuis longtemps » dit-elle.
     
    La Famille royale belge fait partie de ses meilleurs clients. Elle raconte : « Cela a commencé par une veste du roi Baudouin. Elle était complètement usée. Une personne normale ne l’aurait même pas ramassée dans la rue. Mais le roi voulait absolument faire réparer cette veste. C’est ce que j’ai fait, sans y ajouter des pièces. Çà, je ne le fais jamais. Je suis une couturière, et en cousant l’on trouve des solutions. » Lorsque le chauffeur vint reprendre la veste il insista pour qu’elle fasse « son » prix. « Mais je n’ai compté que le prix au tarif normal et j’ai toujours continué ainsi. Ils paient « directement ». C’est-à-dire que le chauffeur paie, car ils ne viennent jamais jusqu’ici. ».
     
    Parmi sa clientèle l’on compte aussi des hauts fonctionnaires de l’Union européenne, les ambassades des Etats-Unis et de Chine, de nombreux avocats occupés au Palais de Justice situé à deux pas, etc.
     
    Marie-José raconte qu’après tant d’années ses doigts sont complètement déformés, recroquevillés, de même que son dos. Et continuant : « Plus personne n’apprend ce métier. Il n’existe pas de machines pouvant réaliser mon travail. A ce propos, j’ai encore des machines spéciales datant des années 30, pour stopper les bas nylons qui coûtaient très chers à l’époque. Mais je ne les utilise plus actuellement du fait que les bas sont devenus meilleur marché. »
     
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    Cliquer ICI pour écouter le reportage de Laurent Van de Berg - Bel RTL février 2013
     
     
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    Plusieurs articles (et photos) sur Marie-José ont été publiés dans la presse belge, notamment :