• Chansons mauves

     

    Essentiellement romancière, Julienne Moulinasse ne paraît avoir cédé aux délices poétiques que de manière presque accidentelle, d’une part dans Chansons mauves (1953) et de l’autre dans Sourires et larmes (1924).

    Par rapport aux poèmes de 1924, les textes de Chansons mauves ne montrent d’évolution ni esthétique ni intellectuelle : c’est toujours la nostalgie, la tristesse, exprimées dans des vers issus en droite ligne du Romantisme. Le climat, lui, a changé : à la fougue et au lyrisme de la jeunesse a succédé une manière d’apaisement, de méditation sur la vanité des choses. Malgré une forme passéiste, c’est à cette authentique détresse d’une âme désolée que le lecteur sera ici le plus sensible. Une âme qui, selon ses propres termes, mesure, aux portes de la mort, le néant de toute vie. De cette révélation naît une manière d’apaisement, exprimé par exemple dans ce vers : « Et le soir de ma vie est clair comme un beau livre ».

    Les derniers textes du recueil portent la marque d’une foi chrétienne fervente, exprimée avec simplicité et spontanéité.

     

    Lettres françaises de Belgique : La Poésie – Par Robert Frickx, Raymond Trousson

     

     

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