• 5. Suite française - Adaptation du roman

     

    Suite française


    Le travail d’adaptation de Suite française d’Irène Némirovsky débute tout d’abord par un choix, celui de porter à l’écran la partie intitulée « Dolce ». La première section,
    « Tempête en juin », n’apparaît que brièvement dans le film. L’accent sera donc mis sur la vision d’un village français sous l’Occupation, et plus particulièrement sur une famille, les Angellier. Le spectateur retrouve ainsi l’ambiance morne de la maison des Angellier décrite dans le récit. Le réalisateur s’appuie fidèlement sur les événements et les personnages créés par l’auteure. La passion naissante entre Lucile Angellier et Bruno von Falk, un soldat allemand, devient le point d’ancrage de l’intrigue. C’est autour de ce duo que se développe la trame du film. Le réalisateur conserve donc les principaux événements présents dans le récit d’Irène Némirovsky. Certains passages comme l’emprisonnement puis l’exécution du vicomte, maire du village, sont en revanche des transpositions de faits évoqués dans le roman mais dans d’autres circonstances. Le principal parti pris du réalisateur demeure la fin du film. Saul Dibb poursuit en quelque sorte le projet de l’auteure, d’ailleurs esquissé dans ses brouillons, en imaginant le début de la fuite de Lucile et Benoît vers Paris. L’ajout de cet épisode permet de souligner l’aventure de ce récit inachevé et de rappeler le travail de construction de l’intrigue effectué par Irène Némirovsky.

    D’un point de vue historique, le film Suite française débute sur des images caractéristiques de la débâcle française en juin1940 avec l’exode massif de civils subissant les bombardements en piqué des stukas allemands. Cette ouverture inscrit d’emblée la fiction dans un contexte historique dramatique, celui de la bataille de France qui en l’espace de moins deux mois s’est soldée par la défaite française et se poursuit par l’Occupation. Cette dernière est le cadre temporel du film et le village de Bussy, à une époque où la France est encore très rurale, correspond à son illustration spatiale archétypale. Le village occupé est marqué par la présence de la Wehrmacht qui exerce la réalité du pouvoir et marginalise celui du maire. La politique générale de collaboration des autorités françaises est symbolisée par le collage d’affiches à la gloire de Pétain et du régime de Vichy. Dans ce contexte, les relations sociales dans le village se déclinent sous différentes formes, de la collaboration à la Résistance pour une minorité.

     

     

    Retour à l'accueil

    Vision d'un village français sous l'occupation